La P'tite Nouvelle

à la fois bien cuite et complètement givrée… est-ce possible ?!

Prises de conscience d’une maîtresse d’école — 18 mars 2017
Quel métier ! — 1 mars 2017
Liège une fois — 21 février 2017
Dessine-moi un livre : l’Âme du monde, de Frédéric Lenoir — 15 février 2017
Lior, j’adore ! — 14 février 2017

Lior, j’adore !

Quel est le point commun entre une cloche, un tuyau, une chaussure, un bras, un jouet et un sac en plastique ? Lior Shoov en fait de la musique !

« Mais qui c’est celui-là ? » CELLE-là, malheureux ! Lior Shoov est une jeune femme à la coiffure relativement énigmatique et à l’accoutrement non moins farfelu, qui vous invite dans son monde bien à elle. J’y suis entrée par hasard, un soir de février, invitée par des proches et sans grande conviction : tapez son nom sur youtube, vous comprendrez peut-être ma perplexité. Bien qu’amusée par les premières secondes d’une vidéo, dans laquelle elle mime la tête des animaux dont le cri sort d’un jouet pour enfants, j’ai préféré ne pas en voir davantage afin de faire baisser ce sourcil – qui ne voulait plus redescendre – et de me préserver du découragement qui semblait poindre le bout de son groin. Et je m’en remercie ! Son spectacle, mêlant danse contemporaine, numéro de clown, chant, percussions corporelles et instruments en tous genres, m’a captivée du début à la fin, silences, vacarme, lumières et obscurité inclus… et surtout, m’a fait rire ! La Lior – je me permets hein, c’est un vrai cirque à elle toute seule ! Son petit accent qui vient tout droit d’Israël n’en finit pas de donner du charme à sa voix et ses textes, tantôt en français, tantôt en anglais ou dans sa langue maternelle, parfois improvisés pendant la représentation, et toujours porteurs de sincérité et d’humour. Comme elle le dit si bien, les barrières tombent une à une, et ça fait du bien !

Vous n’avez pas compris de quoi il s’agit ? C’est normal, il faut le voir pour y croire. Habitants de Vals Les Bains, Pornichet, Bourges, Mont Saint Aignan et même Paris… à vos agendas ! Une délicieuse rencontre musicale vous attend en ce début d’année 2017. Oserez-vous y goûter ?

Toutes les infos sur les concerts à venir de Lior Shoov

Secret de beauté — 6 janvier 2017

Secret de beauté

La pluie, quelle poésie ! je l’ai toujours aimée, avec son pouvoir de rappeler instantanément que malgré nos technologies, nos contructions, nos artifices, la nature reste le chef des opérations. Il faut quand même reconnaître qu’elle a souvent un petit côté canaille, en survenant de préférence quand on n’a pas de parapluie dans son sac. Comme cette fois où, attendant avec une élève à la sortie de l’école, je constate que celle-ci ne s’abrite pas des gouttes, malgré l’absence manifeste de capuche à sa veste. Quelle audace, ces enfants ! Je lui suggère alors de rester sous le porche. Elle s’exécute, en me glissant :

« Moi, j’adore la pluie ! »

À la fois surprise et enchantée de ne pas être seule à m’émerveiller devant cet aspect de la météo généralement décrié, je lui demande aussitôt pourquoi. Ce à quoi elle me répond :

« La pluie, ça fait pousser les cheveux plus vite. »

Comme une fleur.

#CesEnfantsSiInspirés

On the grass — 4 janvier 2017

On the grass

Perdue dans mes pensées à la recherche de la destination de mes prochaines vacances (je suis prof les gars ! 😉 ), une élève que je croise dans les escaliers de l’école m’interpelle :

« Eh ! Tu connais Grasse ? me demande-t-elle.

– La ville ?  (« le sud, les parfums, pourquoi pas… »)

Après un temps d’arrêt, elle me répond :

– Non, la marron ! »

Grace, sa soeur.

#CesEnfantsSiInspirants

Avoir 6 ans — 15 octobre 2016
Joujoux, bijoux, cailloux… poux ! — 24 septembre 2016

Joujoux, bijoux, cailloux… poux !

Vous arrive-t-il de vous sentir seul, délaissé, abandonné voire mal-aimé ? Pas moi, mais n’allez pas penser que j’ai de la chance pour autant. Votre solitude, je vous l’envie, car chez moi, c’est tout un fanclub un peu pot-de-colle qui me rappelle sans cesse par de petites attentions, de jour comme de nuit, qu’il est auprès de moi : j’ai des poux.

Eh oui, à l’école, la rentrée des élèves est systématiquement suivie de la sortie de ces petits parasites, c’est scientifiquement prouvé. D’ailleurs, ce n’est certainement pas un hasard si on les retrouve dans les hauts lieux de l’éducation : ils sont ferrus de connaissances, et chez nos chères têtes blondes ils mettent en pratique les cours de mathématiques : addition, multiplication, partage… tout y passe et personne n’est épargné. Les plus téméraires d’entre eux tenteront même parfois de se glisser au plus près de cette source de savoir en colonisant, sondant, grattant, forant le cuir chevelu jusqu’à présent vierge de la prof. Oui mais voilà, la prof c’est moi, et mes élèves me prennent assez la tête comme ça. La riposte s’organise alors.

En tant qu’enseignant, le niveau de compréhension de l’entourage est relativement élevé grâce à une sorte de légitimité à accéder au rang de pouilleux : avoir des poux, c’est pour nous à peu près la même chose qu’un maçon qui recevrait une brique sur la tête, ça relève de l’accident du travail. Mais même si Anne pense le contraire et qu’elle en est fière, les poux, c’est la honte, et quand le pharmacien a cru que mon enfant était la victime de ce drame, loin de le contredire, j’ai compati avec lui à la souffrance que mon pauvre fils inexistant devait endurer. J’ai refait connaissance avec les gammes anti-poux, que je n’avais plus cotoyé depuis l’enfance et qui ne m’avaient pas laissé un souvenir… inoubliable. Mais la nouvelle génération est une vraie tueuse et promet d’exterminer toutes ces bestioles en 15 minutes seulement. Armée du shampoing et autres pschiits toutes dents dehors dans ma salle de bain, je leur ai déclaré la guerre… et j’espère de tout coeur (et de toute tête) l’avoir gagnée.

Cette aventure m’aura en tout cas appris que, avoir des poux, c’est un vrai hobby de riche : entre les produits et les allers-retours à la laverie pour la post-étudiante que je suis, ça coûte cher ! Pour 70 euros, je peux certainement faire une partie de golf, un cours de piano… des choses bien banales finalement, quand on pense qu’on peut se payer le luxe d’abriter un commando de poux surentraînés pour s’en débarrasser ensuite à coups de Pouxit et autres Marie Rose. Un salut à tous les enseignants aux loisirs bien passionnants.

Pour aujourd’hui, c’est fini, mais demain qui sait… venez aux nouvelles !

Les gros durs ont la peau douce. — 17 mars 2016